C’était un conseil communal un petit peu particulier, un premier conseil communal de crise, suite au report de la séance prévue une semaine avant. Ce Conseil communal s’est tenu par vidéoconférence, afin de ne pas prendre le moindre risque sanitaire.

Ce type de format n’est évidemment pas idéal, il ne permet pas aux citoyen.ne.s d’assister aux séances comme prévu par la loi, et rend un peu moins confortable les longs débats politiques.

Les séances virtuelles du conseil communal doivent donc être limitées aux décisions qui doivent impérativement être prises pour assurer le bon fonctionnement des services communaux. Avant de débattre de chacun des points, nous avons donc d’abord voté sur la mise à l’ordre du jour de ceux-ci. La procédure de mise à l’ordre du jour de points en urgence requiert l’approbation de 2/3 des participants.

Le plus gros de la séance a été consacré au budget communal 2020. Celui-ci a été longuement questionné et débattu. En ce qui nous concerne, nous avons voté contre.

En effet, ce budget repose selon nous sur un équilibre précaire. Certaines rentrées semblent sur-évaluées. Le moindre couac, et on est dedans. Et en parlant de « couac »… Ce budget a été conçu avant la crise que nous vivons actuellement. Celle-ci aura des impacts considérables sur les finances publiques, mais également sur les besoins de la population, du monde économique, etc. Les priorités devront être revues.

Le budget prévoit de puiser largement dans les fonds de réserve pour investir dans la construction d’un nouveau centre administratif. Nous voyons d’un bon œil les investissements. Mais peut-être faudra-t-il être prudents avant de puiser dans les réserves vu la conjoncture, et envisager de reprioriser les investissements.

À propos de priorités, la dotation au CPAS prévue dans ce budget communal met fortement la pression sur celui-ci, alors que le CPAS de Ganshoren, laissé dans un état pas brillant, a besoin de se redresser. Or, nous aurons dans les mois et années à venir plus que jamais besoin d’un solide filet de sécurité !

Nous avons également approuvé différents points nécessaires au bon fonctionnement de la commune (règlement télétravail, bodycams pour la zone de police, adhésion à la centrale d’achat de Sibelga,…).

Nous nous sommes abstenus sur le passage en urgence du point sur les primes accordées par la commune aux commerçants. Nous n’étions pas convaincus par la nécessité de prendre cette décision en urgence.

Nous pensons en effet que le soutien à tous les secteurs est essentiel et doit être réfléchi et coordonné. Nous pensons que les commerçants méritent mieux que des mesures prises à la va-vite dans une course à la communication. Nous ne mesurons pas encore l’ampleur des conséquences de la crise, il faut donc prendre le temps d’évaluer la façon la plus efficiente de soutenir le redéployement économique, sans brûler toutes les cartouches dès les premières semaines de confinement. Olivier Willocx, CEO de BECI, mettait en garde contre l’accumulation de primes et l’absence de coordination dans une interview publiée par L’echo. Étant donné l’impact sur le long terme qu’aura cette crise, il sera impératif d’agir de la façon la plus efficiente et concertée possible.

Et bien sûr, les communes auront un rôle à jouer dans ce soutien ! La crise que nous vivons montre plus que jamais que le soutien de notre économie locale est vital pour nos sociétés.

Ce conseil communal s’est clôturé aux alentours de minuit et demi.

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